Depuis le 1er septembre 2023, la nouvelle loi fédérale sur la protection des données (nLPD) s’applique à toutes les entreprises suisses ; sans période transitoire, et quelle que soit leur taille. Un cabinet fiduciaire de 4 personnes à Bulle est concerné au même titre qu’un groupe industriel zurichois.
Ce guide résume ce que la loi exige concrètement d’une PME romande, ce que vous risquez en cas de manquement, et par où commencer. Il fournit des informations générales ; il ne remplace pas un avis juridique.
La nLPD (aussi appelée nFADP en anglais) remplace la loi de 1992 et rapproche le droit suisse du RGPD européen, avec des spécificités propres. Les points essentiels :
- Elle s’applique à tous : toute entreprise qui traite des données de personnes physiques (clients, employés, prospects, visiteurs du site web) est concernée.
- Les sanctions visent les personnes, pas seulement l’entreprise : les amendes, jusqu’à CHF 250’000, peuvent être prononcées contre les dirigeants et responsables à titre personnel.
- L’autorité de surveillance est le PFPDT : le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence peut ouvrir des enquêtes et ordonner des mesures.
Le risque le plus cité est l’amende jusqu’à CHF 250’000, prononcée contre les personnes physiques responsables ; autrement dit, le dirigeant peut être visé personnellement. Mais pour une PME, le risque le plus fréquent est ailleurs :
- La perte de confiance : une fuite de données clients annoncée publiquement abîme durablement une réputation locale.
- Le blocage commercial : de plus en plus de grandes entreprises et de collectivités exigent la preuve de conformité nLPD de leurs fournisseurs avant de signer.
- Le coût de l’urgence : se mettre en conformité dans la précipitation, après un incident ou une demande client, coûte toujours plus cher qu’une démarche planifiée.
- Votre politique de confidentialité reflète-t-elle réellement vos traitements actuels ?
- Savez-vous précisément quelles données personnelles votre entreprise détient, et où ?
- Vos données sont-elles hébergées en Suisse ou dans un pays reconnu adéquat ?
- Avez-vous un contrat de sous-traitance avec chaque prestataire qui accède à vos données ?
- Votre site web recueille-t-il le consentement pour les cookies non essentiels ?
- Sauriez-vous détecter et annoncer une violation de données dans les délais ?
- Vos collaborateurs savent-ils reconnaître une tentative de phishing ?
- Pouvez-vous répondre à une demande d’accès d’un client dans un délai raisonnable ?
- Vos nouveaux projets informatiques intègrent-ils la protection des données dès la conception ?
- Une personne dans l’entreprise est-elle clairement responsable du sujet ?
Moins de 8 « oui » ? Vous n’êtes probablement pas conforme ; et vous êtes loin d’être seul.